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Anticiper et organiser sa conversion

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Filières céréales, oléo-protéagineux Bio: Anticiper et organiser sa conversion pour valoriser au mieux ses productions

Céréales bio : la production progresse

Le marché de l’agriculture biologique se développe avec une croissance soutenue de la consommation. C’est près de 15% par an de hausse de chiffre d’affaires ce qui représente près de 9,5 milliards d’euros de CA sur le marché alimentaire français.

Le cap des 2 millions d’hectares en bio a été franchi à l’échelle nationale, soit près de 7,5 % de la SAU française et 9,5% des fermes de notre pays.
Cet essor spectaculaire est dû notamment aux productions céréalières. En 10 ans les surfaces céréalières bios ont quadruplé et ont progressé de plus de 31% entre 2017 et 2018 avec une répartition de cette progression sur l’ensemble du territoire national.

Notre région n’est pas en reste: les grandes cultures représentent les 1ères productions engagées en agriculture biologique, avec en 2018 plus de 23% des 1003 fermes régionales orientées vers les grandes cultures (et légumes de plein champ).

Orientation principale des 1003 fermes bio de la région - source ORAB 2019
 
Source : ORAB 2019

Les collecteurs, négociants et transformateurs sont au rendez-vous avec pas moins de 6 silos certifiés en région (21 100 T de capacité de stockage). C’est en 2018, plus de 15 000 T de céréales oléo-protéagineux qui ont été collectées en bio et en C2 (2ème année de conversion).

Les prix payés aux producteurs sont globalement stables ou à la hausse c’est le cas par exemple du blé meunier (11% de protéines) vendu entre 450 et 500 € HT / T (prix départ culture).
Concernant l’alimentation animale bio, le marché progresse autour de 15% / an selon un opérateur régional. Cela assure un débouché pour l’ensemble de la rotation bio notamment les céréales secondaires et certaines légumineuses
Le maïs est par exemple valorisé autour de 300 € HT / T.
Source : Agence Bio + Observatoire Régional de l’Agriculture Bio

Quel est la situation en période de conversion en 2019?

Avant d’être certifié en agriculture biologique en grande culture, une période de conversion de 2 ans est nécessaire.
Ainsi, les surfaces en conversion sont elles aussi en progression et représentent en 2018 près d’un tiers des surfaces totales (engagées en bio et en conversion) à l’échelle nationale.
Source : ORAB

Les produits issus de la première année de conversion sont valorisés sur le marché de l’agriculture conventionnelle, mais les produits issus de la 2ème année de conversion (dénommés C2) peuvent être valorisés en alimentation animale biologique (à hauteur de 30% en volume dans la ration des animaux). Ces céréales C2 bénéficient d’une plus-value de prix.

 Répartition selon le statut bio en France et en région SCOP 2018

Avec cette croissance très soutenue de la bio et de bons rendements à la moisson, la campagne 2019-2020 est marquée par un excédent de certaines céréales et protéagineux C2 par rapport au besoin du marché de l’alimentation animale, premier utilisateur de ces matières premières. C’est le cas du triticale en premier lieu, suivi de l’orge, de l’avoine et dans une moindre mesure des féveroles, des pois et du maïs.

Le prix annoncé pour le triticale C2 est de 190 € / T alors qu’il était précédemment à plus de 230 € / T.

De plus, la réglementation prévoit au 1er janvier 2021 de réduire à 25% la part d’incorporation de matières premières C2 consacrée à l’alimentation animale. Les protéagineux dits secondaires, comme le pois et la féverole, seront limités dans la ration au détriment de protéines plus riches comme le soja.

De fait les produits C2 devraient être moins demandés par l’aval de la filière d’où des difficultés de commercialisation à prévoir de manière conjoncturelle dans les deux années à venir.
Ces évolutions rendent la période de conversion plus complexe à moins qu’elle ne soit bien anticipée.

Comment sécuriser sa conversion?

Choix de la date de conversion et des cultures à implanter : Favoriser l’adéquation agronomique et économique

La rotation est le 1er levier agronomique nécessaire à la réussite d’un système de cultures.

Un démarrage de votre projet de conversion bio au printemps (avril) permettra l’implantation de maïs, de pommes de terre, de lentilles AB dès l’année n+2.  La conversion au mois d’avril permet de réduire les volumes de C2 sans trop impacter le rendement de la C1 (car forte chute du rendement C1 si la conversion a lieu en septembre)! A cette période il est encore temps d’implanter de l’orge, du maïs, des lentilles, du lin, des légumes, de la luzerne … sans impacter le rendement de votre 1ère culture engagée en conversion (C1).
D’autre part, il est fréquent d’intégrer dans les rotations céréalières, 2 années de prairies temporaires (en général la luzerne) afin de:

  • Renforcer la fertilité de vos sols,
  • Réduire la pression des adventices (en particulier les vivaces)

Le démarrage de la conversion par 2 années de luzerne: Bien que cela semble entraîne un « manque à gagner » les deux premières années de la conversion, compensé partiellement par les aides à la conversion (300€/ha), c’est un investissement qui à l’échelle de la rotation sécurise vos productions au sein de votre système de culture. Dans certains cas, vous pourrez valoriser cette luzerne sur la ferme ou favoriser la coopération avec d’autres éleveurs sinon vous pourrez rentabiliser votre investissement sur des cultures à marges comme les légumes de plein champ
Pour faciliter cette commercialisation, rendez-vous sur AgriBiola plate-forme d’échanges entre producteurs bios

Analyser vos coûts de production

Avant de vous engager en conversion, Il est essentiel de réaliser une étude technico-économique de conversion.
Pour cela Bio en Hauts de France et les Chambres d’Agriculture vous proposent dans le cadre du Point Accueil Bio (http://pointaccueilbio-hdf.fr/) une analyse de votre système et sa projection en bio.
Nous vous encourageons à échanger entre producteurs en participant aux bilans grandes cultures organisés annuellement.
Enfin, Bio en Hauts de France vous propose de participer à une formation sur l’analyse de votre prix de revient.

Contractualiser

Il est essentiel avant de s’engager, d’identifier les prix et les conditions de collecte de vos metteurs en marché. Il s’agit également de vérifier la zone de collecte, anticiper avec lui les volumes production envisagés, la gestion des aléas et contractualiser.

S’organiser avec d’autres

S’organiser collectivement avec d’autres producteurs sécurise également votre engagement en évitant des comportements individuels déstabilisants pour le marché. La coopération permet aussi de mutualiser de la main d’œuvre et/ou du matériel.
Nous vous encouragerons à participer à la vie de la structure qui collecte vos productions : Assemblée générale, réunion de planification, bilan de campagne…

Pour plus d’infos, rendez-vous au Point Accueil Bio au  03.21.60.58.00
contact@remove-this.pointaccueilbio-hdf.fr